Dans le cadre du projet Tamataroa concernant le grand requin marteau, un nouvel article a été publié cete été dans le journal Marine Biology: « A new underwater probe for simultaneous tagging and biopsy of marine
megafauna: a case study on the Critically Endangered Great hammerhead (Sphyrna mokarran) » par Tatiana Boube, Antonin Guilbert, Yves Winkler, Jordi Chias, Matehau Moilon, Olivia Guelfi, Laurent Ballesta, Thomas Pavy, Anthony Wong-Sang, Sébastien Personnic, Marc Hayek, Jean-Claude Gaertner, Yannis P. Papastamatiou and Charlie Huveneer. Marine Biology Volume 173, article number 150 (2026). DOI:10.1007/s00227-026-04874-x
L’article est disponible sur HAL en version gratuite : https://hal.science/hal-05699007v1

Résumé : La recherche sur les espèces insaisissables et menacées de disparition pose des défis considérables, car elle nécessite de trouver un équilibre entre une perturbation minimale des individus et la nécessité de maximiser la collecte de données afin de répondre à des questions écologiques fondamentales. Pour bon nombre de ces espèces, d’importantes lacunes persistent, notamment en ce qui concerne leurs déplacements, leur écologie trophique et la structure de leurs populations — des informations essentielles à une gestion et une conservation efficaces. Afin de collecter les données nécessaires pour combler ces lacunes, nous avons mis au point une sonde sur mesure destinée à être déployée à l’aide d’un fusil sous-marin modifié, permettant le marquage et le prélèvement de biopsies d’élasmobranches en un seul tir. Nous avons testé cet outil sur le terrain sur le grand requin-marteau (Sphyrna mokarran), espèce en danger critique d’extinction, au cours de trois campagnes (février 2023-mars 2023 ; décembre 2023-mars 2024 ; décembre 2024-mars 2025) dans les atolls de Rangiroa et de Tikehau (Polynésie française). L’outil a été perfectionné de manière itérative, atteignant dans sa version finale un taux de réussite de 83 % pour le marquage et de 67 % pour les prélèvements biopsiques, sur un total de 12 tirs. Si la peau et la couche sous-cutanée peuvent être utilisées pour l’analyse génétique, la moitié des 8 biopsies réussies au cours des trois campagnes ont également permis d’obtenir suffisamment de tissu musculaire (moyenne ± erreur-type : 0,11 ± 0,06 g, n = 4) pour les analyses d’isotopes stables et d’acides gras. Associé à une plaque laser et à une caméra montée sur support, ce système permet également l’identification individuelle et l’estimation de la taille. Cette approche multifonctionnelle et peu intrusive facilite la conduite de recherches parallèles sur l’écologie du mouvement, les interactions trophiques, la structure des populations et les préférences environnementales, offrant ainsi un outil puissant pour l’étude de la mégafaune marine rare, sensible et cryptique.
Abstract : Research on elusive and endangered species presents considerable challenges, as it requires balancing minimal disturbance to individuals with the need to maximize data collection to address key ecological questions. For many of these species, major knowledge gaps persist, particularly regarding their movements, trophic ecology, and population structure—information essential for effective management and conservation. To collect the data required to address these gaps, we engineered a custom probe for deployment via a modified speargun, enabling simultaneous tagging and biopsy sampling of elasmobranchs in a single shot. We field-tested this new tool on the Critically Endangered Great hammerhead (Sphyrna mokarran) over three campaigns (February 2023-March 2023; December 2023-March 2024; December 2024-March 2025) in the atolls of Rangiroa and Tikehau (French Polynesia). The tool was iteratively refined, achieving an 83% tagging success rate and a 67% biopsy success rate in its final version over a total of 12 shots. While skin and sub-dermal layer can be used for genetic analysis, half of the 8 successful biopsies across the three campaigns also yielded sufficient muscle tissue (mean ± standard error: 0.11 ± 0.06 g, n = 4) for both stable isotope and fatty acid analyses. When combined with a laser plate and mounted camera, this system can also enable individual identification and size estimation. This multi-functional, minimally intrusive approach facilitates concurrent research on movement ecology, trophic interactions, population structure, and environmental preferences––offering a powerful tool for studying rare, sensitive and cryptic marine megafauna.
Cet article fait suite à deux précédents publiés dernièrement dans le cadre de la thèse de doctorat de Tatiana Boube :
– First insights into the population characteristics and seasonal occurrence of the great hammerhead shark, Sphyrna mokarran (Rüppell, 1837) in the Western Tuamotu archipelago, French Polynesia par Boube et al. (2023), https://www.frontiersin.org/journals/marine-science/articles/10.3389/fmars.2023.1234059/full
– Life stage-specific habitat use and trophic ecology of the critically endangered great hammerhead (Sphyrna mokarran) par Boube et al. (2025), https://link.springer.com/article/10.1007/s11160-025-10001-8
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